Lise
Je ne me doutais pas que les tyrans pouvaient être si frêles
Être au creux de vos bras aussi fragiles que de la dentelle
Je ne me doutais pas que je me transformerais en sentinelle
A l’affût des moindres pleurs
D’une toute petite fleur
Quand Lise fait ses vocalises,
Même les murs tremblent d’effroi
Tous mes voisins font leurs valises
Mon liseron pleure comme on aboie
Penchés sur son berceau les plus blasés sourient devant la toile
De cet ange au repos comme lové au milieu des étoiles
Méfiez-vous pourtant à tout moment peut survenir la crise
Vraie bombe à retardement,
Faudrait pas qu’on l’idéalise
Quand Lise fait ses vocalises,
Même les murs tremblent d’effroi
Tous mes voisins font leurs valises
Mon liseron pleure comme on aboie
Mes yeux sont si cernés que j’ai l’impression d’y creuser ma tombe
Tant ses éclats de voix me percutent chaque fois comme une bombe
Pourtant au fond de moi je pressens qu’elle vaut bien qu’on s’enlise
Dans des nuits qui n’finissent pas
Car rien n’rivalise avec Lise
Quand enfin elle se tranquillise,
Même les murs tremblent d’émoi
Et ses sourires se cristallisent
Dans mon cœur de maman gaga